23 juillet 2016 – Skye trail – De Torrin aux portes de Broadford

Torrin à Broadford

Distance : 14,5 km
Ascension : 395 m
Descente : 399 m

Il n’y aura pas d’ascension du Blàbheinn aujourd’hui. Le ciel est gris et surtout, la montagne est entourée par les nuages. Comme je n’ai pas très envie de monter pour ne rien voir, je décide de partir directement pour la dernière étape du Skye Trail. Cependant, j’envisage de m’arrêter un peu avant Broadford, pour bivouaquer et rester encore un peu en pleine nature.

Ce matin, j’avais mis le réveil à 8h, histoire de ne pas partir trop tard. L’étape n’est pas longue donc je ne suis pas non plus très pressée de partir. Je range tranquillement mes affaires.

Et je pars.

Je sors des sous-bois et je regagne la route. Un coup d’œil en arrière, j’étais bien au calme ici…

Je vais suivre un peu la route avant de bifurquer sur un chemin qui mène à la côte.

Peu après, j’arrive face à la mer où je découvre un superbe « terrain de camping sauvage ». C’est ici que j’avais envisagé de bivouaquer hier soir, avant de trouver cette place dans les sous-bois.

Ici, pas de ruisseau à proximité mais l’ambiance est vraiment sympa. Certes, il faut virer un peu les crottes de moutons… mais sinon, c’est une belle pelouse ! Cependant, quand je vois tous les restes de feux de camp, je me dis que l’endroit doit accueillir pas mal de skye-trailers et qu’il ne doit pas être rare d’avoir quelques voisins. Ceci dit, c’est aussi sympa de croiser quelques voyageurs ! En tout cas, la vue sur la mer est vraiment chouette et on peut aussi apercevoir les montagnes sur la droite.

Je continue en suivant le chemin qui part le long de la côte. Un beau chemin, sans gadoue : ça change !

Au passage, je croise mes amies les vaches, tranquillement posées sur le bas-coté.

Le chemin serpente ensuite dans les collines. Je passe à coté des ruines de plusieurs anciens villages. A chaque fois, la même histoire. Les habitants ont été expulsés des villages par les propriétaires soucieux de récupérer leurs terres pour y faire paître leurs moutons et agrandir leurs troupeaux, ces derniers étant source de revenus bien plus important que  la location des terres. Les maisons furent détruites, pour éviter que les habitants ne reviennent. Chassés de forces, beaucoup de ces habitants partir à l’étranger pour échapper à la famine et aux maladies, au Canada ou encore en Australie. Beaucoup sont aussi morts en chemin.

A Suisnish, 32 familles furent ainsi chassées durant l’hiver 1853, et se sont retrouvées complètement démunies dans la neige. Toutes les maisons furent détruites et les habitants durent trouver abirs tant bien que mal dans quelques bâtiments de ferme restants. Refusant d’abord de partir, ils durent s’y résigner l’été suivant.

Le poète écossais Sorley Maclean, revenu sur les lieux, contemple le retour de la nature parmi les ruines. Il imagine ainsi que les arbres sont les exilés eux-mêmes, revenant près des foyers dont ils ont été expulsés.

Aujourd’hui encore, ces lieux restent marqués par ce lourd passé, et pas seulement parce que les ruines des maisons sont toujours visibles. Il se dégage ici une ambiance bien particulière.

Je continue ma route et passe ensuite près d’un hangar qui sert à la tonte des moutons, avant de monter une dernière dans les collines et de rejoindre la mer.

Je vais suivre le rivage pendant un petit moment. Un passage un peu raide permet de descendre. Il est équipé d’une corde, peu utile aujourd’hui mais qui doit bien l’être par temps de pluie.

A ma gauche les falaises, à ma droite la mer. Je scrute à plusieurs reprises le rivage et les cailloux, au cas où une loutre serait dans les parages. Mais non, rien. Je suis aussi étonnée du peu d’oiseaux croisés ici… Tout est tranquille, l’endroit est désert.

Le chemin ne présente pas de difficulté, même s’il se fait plus chaotique par endroits.

J’arrive près d’un nouveau village abandonné, Boreraig. A partir de là, le chemin remonte dans les collines désertes : je ne croise même pas un mouton ! Je m’arrête un peu plus loin pour manger. Plus bas sur la droite coule une belle rivière. J’hésite un instant à rester là pour la nuit mais je trouve que c’est un peu trop exposé au vent. Pour le moment, il ne souffle pas trop fort mais je sais maintenant qu’ici, la météo peut changer du tout au tout en peu de temps. Je commence à me méfier !

Je quitte les collines en franchissnt une barrière sur laquelle est accrochée une pancarte. Je découvre ainsi que je viens de quitter une région où est mené un projet : le « Beinn nan carn native woodland ». Dans cette zone ont été replantés des arbres endémiques de l’île : bouleau, sorbier, aulne, saule, frêne, chêne, noisetier, tremble et houx.

Même si rien ne semble interdire le bivouac ici, j’ai été bien inspirée de ne pas venir perturber un si bel environnement.

Au loin, j’aperçois une montagne. C’est celle qui est juste avant Broadford, je ne suis donc plus très loin de la fin de l’étape.

Je suis un chemin bien marqué, qui serpente parmi les rochers. Ce paysage est surprenant car très différent de ceux que j’ai traversé jusqu’à maintenant.

J’apprendrai plus tard que je suis sur une ancienne ligne de chemin de fer qui reliait Broadford à plusieurs carrières de marbre. Ces carrières étaient exploitées depuis environ un siècle quand une ligne de chemin de fer a été construite en 1907 pour transporter le marbre à Broadford. A l’époque, le marbre de Broadford était très prisé et a été utilisé notamment pour l’abbaye d’Iona, sur l’île de Mull. La société d’exploitation ayant cessé d’exploiter les carrières, la ligne de chemin de fer fut fermée en 1912.

Je ne suis vraiment plus très loin de Broadford. Si je veux m’arrêter avant, il faut que je trouve un endroit pour bivouaquer dans les parages. Je scrute les alentours. Entre les pierres et les arbustes, je ne trouve rien. Et ça manque aussi cruellement d’eau !

Et puis, tout à coup, en tournant la tête à droite, j’aperçois un endroit dégagé et pas en pente. Et surtout : un petit ruisseau coule à droite. Je sens que je touche au but… Je sors du chemin et je descends pour voir. C’est un peu humide mais ça passe. Je ne suis pas très loin du chemin mais suffisamment bas pour être tranquille. En face, quelques maisons mais elles sont quand même bien loin ! Je pense que j’ai trouvé mon emplacement pour la nuit. Et comme il commence à pleuvoir, je ne réfléchis pas trop longtemps non plus. Hop ! Quelques minutes plus tard, la tente est montée et je me mets à l’abri dedans.

Il est tôt, un peu plus de 14h. Je vais donc passer l’après-midi ici, tranquille mais je ne vais pas pouvoir rester beaucoup dehors : les giboulées s’enchaînent. Je potasse donc ma carte, d’abord pour essayer de repérer l’endroit où se trouve mon bed & breakfast de demain, puis pour voir ce que je vais pouvoir faire durant les 2 jours que je vais passer à Broadford.

Je ne suis vraiment plus très loin : 1h de marche maximum. Je vais donc pouvoir prendre mon temps demain matin.

Ma tranquillité sera à un moment perturbée par une moto-cross qui fait des allers et venues un peu plus loin. Tout ça au milieu des moutons, complètement terrorisés. Stupidité quand tu nous tiens…

Les averses vont se succéder toute la soirée. Pas de dîner dehors donc, je reste encore une fois sous la tente. Décidément, je n’aurai pas passé beaucoup de soirée dehors durant ce Skye trail…

Photos de la journée

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