17 août 2013 – Jarlshof ou le voyage dans le temps

Aujourd’hui, nous quittons Lerwick et partons dans le sud de l’île, près de Sumburgh, où nous allons passer notre dernière journée. Demain, direction l’aéroport pour le départ.

Nous passons d’abord en ville faire nos dernières emplettes. Marie-Anne programme une alarme à 11h, pour être sûre de rentrer à temps au camping à temps pour finir de ranger nos affaires et plier les tentes… et surtout pour ne pas louper le bus !! Et en effet, la sonnerie sera bien utile car nous avons un peu trainé en ville… De retour au camping, c’est un peu la course : nous n’avons que 10 minutes pour tout boucler. Hop, c’est fait ! Nous passons à l’accueil rendre les clés du local. Je suis chargée comme un mulet et je peine un peu à marcher vite. Heureusement, l’arrêt du bus est juste à coté : il passe près de Tesco, en face du camping, ce qui nous évite d’aller en centre-ville à la Viking station. Un premier bus s’arrête : ce n’est pas le nôtre. Nous vérifions les horaires. Il est en retard, j’espère qu’on ne s’est pas trompé… Non ! Il arrive 5 minutes après et pile au bon moment : il commence à pleuvoir. La météo n’a pas l’air de vouloir s’améliorer on dirait… Et qui est au volant du bus ?? Encore notre petit papy ! Ah ah ! Il sourit en nous voyant. Quand je monte, je lui dis que nous allons au böd de Betty Mouats… et lui demande de nous faire signe quand le bus arrivera à proximité. Il me fait la réponse habituelle, bien sûr.

Il y a beaucoup de monde dans le bus. Nous posons nos sacs tant bien que mal dans un coin et nous trouvons chacune une place. Moi, vers l’avant et Marie-Anne un peu plus loin, à coté d’une autre personne. Et on dirait qu’elle est encore tombée sur un drôle de zèbre… Je ne sais pas ce qu’il lui raconte mais ça a l’air de bien la faire rire. Et en face, une femme lui fait des signes, des grimaces…pour lui montrer le paysage… On a dû tomber sur une bande comiques…

Au fur et à mesure que le bus avance, le temps se gâte. Il pleut de plus en plus et je ne vois aucun signe qui pourrait laisser penser que cela va s’améliorer. La journée risque de rester trèèèès humide !

Notre chauffeur nous arrête juste devant le böd, même si ce n’est pas un arrêt officiel. Nous saluons notre chauffeur. Qui sait ? Peut-être que je le croiserai demain lorsque je prendrai le bus pour l’aéroport ? Car je ne vais pas pouvoir y aller à pied demain. Certes, le böd est au bout des pistes d’atterrissage mais la route pour aller au terminal serpente pas mal, fait des détours et au final, le chemin est assez long. Donc à moins de couper par les pistes (??!!?), il faudra prendre le bus.

Nous arrivons devant la porte du böd… qui s’ouvre. C’est Françoise, l’une des deux françaises croisées à Fetlar. Ce n’est pas vraiment une surprise car nous avions discuté et nous savions que nous allions nous recroiser ici. ‘Hello, c’est nous !’ Par contre, elle est toute seule. Son acolyte est repartie à Lerwick, elle voulait être seule… Pas cool pour Françoise mais elle n’a pas eu le choix apparemment. La pauvre est un peu dépitée. Elle est bien contente de nous voir arriver et de ne pas passer la soirée toute seule. Parfois, les voyages entre amis ne se passent pas très bien. Elle part prendre le bus pour aller à la piscine à Sandwick. Nous, nous entrons et déballons nos affaires.

Dehors, le temps ne s’améliore vraiment pas. Non seulement il pleut des cordes mais le vent s’est levé et souffle vraiment fort. Ça ressemble à une mini-tempête shetlandaise…

Nous décidons d’aller quand même visiter le site de Jarlshof. Il s’agit d’un site archéologique contenant des vestiges datant de -2500 avant JC jusqu’au XVIIème siècle. Pas question pour moi de passer à coté de ça. Et que ce soit moi ou Marie-Anne, la pluie ne nous fait pas peur. Nous enfilons nos sur-pantalons, nos gore-tex et nous partons.

Nous marchons avec le vent de face. Il souffle vraiment très fort, j’ai l’impression de pousser un mur à chaque bourrasque. Nous décidons de descendre sur la plage pour longer la côte, plutôt que de suivre la route. C’est plus agréable mais ce n’est pas non plus évident de marcher dans le sable avec ce vent. Au large, la mer est déchainée ! De belles vagues ! Le temps est aussi très brumeux. Mais malgré tout, l’endroit est très joli avec ce sable blanc et cette mer aux teintes vert/bleu. On s’attendrait presque à entendre une corne de brume et à voir un drakkar viking débouler. Au loin, sur la côte, nous apercevons l’hôtel de l’aéroport et les ruines de Jarlshof.

Nous arrivons près de l’entrée du site. Il est vraiment juste à coté de l’hôtel, près de la côte. Et juste à coté, des clients de l’hôtel qui font du ball-trap. Avec cette pluie et ce vent, j’avoue que j’ai du mal à comprendre… Les visiteurs de Jarlshof sont obligés de passer juste à coté, je trouve cela dangereux. En tout cas, eux, ça n’a pas l’air de leur poser de problème de tirer avec ce vent… Bref, je passe vite et ne m’attarde pas trop ici.

Nous entrons dans la maison où est situé l’accueil. Nous sommes trempées de la tête aux pieds et nous avons les cheveux dans tous les sens avec le vent ! Le mec nous accueille avec le sourire.

Nous commençons la visite en allant voir un film de présentation dans la salle à coté de l’accueil. Il y a également quelques explications sur les différents bâtiments.

Le film montre les différentes ruines et pour chacune d’entre elles, une reconstitution des bâtiments. La particularité de ce site ? Il a été habité par plusieurs générations de personnes et c’est peu dire : le site a accueilli en permanence des populations entre 2500 avant JC et le 17ème siècle ! On y trouve donc aussi bien des ruines d’habitations picts comme les broch, que des fermes viking ou une demeure shetlandaise datant de 1600. Ce site est fabuleux, une vraie mine d’or.

Nous sortons et commençons la visite du site en lui-même. Je savoure… Je me faufile entre les murs, m’imprègne de l’atmosphère des lieux.

Même s’il pleut, l’ambiance est incroyable. La richesse historique des lieux leur confère une dimension incroyable. Je suis toute émue devant un tel déballage d’histoire : plus de 4000 ans sous mes yeux ! Ah !!! Mon âme d’archéologue refait surface…

Je fais le tour du site. Je tourne et je contourne, je fais des tours et des détours. La pierre. Ces pierres empilées, recouverte de lichens et de mousses de toutes les couleurs.

Je passe les portes, je me baisse pour longer les couloirs.

On voit encore bien les pièces, même si elles sont à ciel ouvert. Je suis chez les picts, chez les viking, chez les châtelains de la région. Dans un entrepôt, une salle à manger…

Je monte en haut de la maison du 17ème pour avoir une vue d’ensemble de tout le site : c’est impressionnant.

Le vent souffle très fort. J’ai parfois du mal à rester stable pour prendre mes photos et je ne traîne pas trop en haut de la maison. La pluie s’est calmée, c’est déjà ça.

A la fin de la visite, nous passons par la boutique du site pour jeter un coup d’œil. Je pose aussi quelques questions à la personne qui est à l’accueil du site. ‘A quoi servait le trou qui est au milieu du broch ?’ ‘C’était un puit’. ‘Et celui qui est à coté de la maison viking ?’ ‘Un souterrain, mais nous n’en connaissons pas l’utilité exacte.’

Nous lui demandons aussi s’il y a un café à l’hôtel pour prendre un thé. ‘Oui, oui’. ‘Et on peut y aller même habillées comme ça ?’ Non, parce que l’hôtel est quand même un peu chic et nous pas du tout ! Avec nos habits de pluie, les cheveux dans tous les sens, on n’est pas trop raccord avec le décor. ‘Oui, bien sûr, pas de problème !’, nous répond-il. Ok, nous y allons. Nous nous installons près de l’entrée, pour être à coté de la fenêtre et avoir un peu de lumière. La salle du bar est très sombre et ne donne vraiment pas envie… Ce thé bien chaud est vraiment bienvenue…

Nous revenons ensuite au böd mais cette fois par la route. Toujours ce vent qui souffle fort et la pluie qui tombe à nouveau. Françoise est rentrée au böd. Elle a acheté des bières et des gâteaux apéritif et nous propose de partager. Cool ! Nous discutons un peu avec elle. Elle est professeur de violon et habite à Montbéliard. Avant de venir aux Shetlands, elle est allée marcher dans les Pyrénées, seule.

Je tente ensuite d’allumer le feu. Il fait un peu frais ce soir. Problème : il y a bien des ‘peats’ (tourbe) mais pas de petit bois pour faire partir le feu. Et avec uniquement de la tourbe, c’est mission impossible. Françoise et Marie-Anne vont faire un tour dehors pour voir si elles trouvent du bois. Quelques brindilles, humides de surcroit, mais rien de plus. Ça va être compliqué… Je tente quand même. Au final, j’arriverai à avoir quelques braises mais pas suffisamment pour enflammer vraiment les peats et avoir un vrai feu qui réchauffe. Là, c’est juste une petit feu qui couve. Je finis par jeter l’éponge.

Pendant que je m’acharnais avec le feu, les filles ont préparé le diner. Nous mangeons tous ensemble et discutons encore un peu… beaucoup. Il est presque 23h. Je vais ranger mon sac. Demain, je quitte les Shetlands, direction l’Islande. La journée va être longue : je vais prendre 4 avions différents et faire 3 escales dans la journée avant d’arriver à destination.

Je programme le réveil à 8h30. Je compte prendre le bus de 10h. Pas d’abri-bus à l’arrêt le plus proche. Espérons qu’il ne pleuve pas demain matin…

Et pour notre dernière soirée aux Shetlands, nous avons encore droit à un superbe coucher de soleil, sur fond de colline coiffée de brume. Bye, bye my beautiful Shetland Islands..

Photos de la journée

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