30 juillet 2015 – Longyearbyen

Nuit en plein jour. Depuis mi-juillet et mon arrivée aux Lofoten, je n’ai pas vu le soleil se coucher. Jusque maintenant, cela ne m’avait pas vraiment gênée. Hier pourtant, j’ai eu du mal à aller me coucher puis à m’endormir. Avec ce soleil qui brille, pas facile de se dire qu’il faut fermer les yeux. Et c’est tout aussi étrange d’ouvrir les yeux avec exactement la même luminosité que lorsque je les ai fermés.

Je me prépare pour mon escapade avec les chiens de traineau. Je prends quelques affaires dans mon sac et je sors devant le lodge pour attendre le pick-up. Patricia, notre musher arrive peu de temps après. Un couple est déjà dans le mini-bus et nous récupérons encore deux autres filles. Nous serons donc 6 et je ferai équipe avec Patricia. On discute un peu, elle me demande si j’ai un peu de force dans les bras car il va falloir canaliser l’attelage. Oui… Assez, par contre, c’est une première pour moi… Elle a l’air plutôt confiante. Elle pense que je serai une bonne assistante même si je n’ai jamais conduit de chiens de traineau… Mmmm. Je n’en suis pas aussi sûre…  Comment lui dire que j’ai souvent peur des chiens…

Nous arrivons au chenil. Il est à la sortie de la ville, juste avant le panneau qui indique la limite au-delà de laquelle il faut être armé à cause des ours. Lorsque nous arrivons, une partie des chiens nous attendent. Ceux qui vont former les trois attelages ont déjà été sélectionnés.

Dès qu’ils nous voient approcher de l’enclos, ils commencent à s’activer… Ils se rapprochent des harnais…

… et commencent à aboyer…

Il ne va pas falloir trop tarder. Patricia nous fait enfiler de grosses combinaisons.  Certes, cela nous évitera de nous salir mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on ne va pas avoir froid ! Je prends quand même un bonnet et mes gants. Le soleil brille mais il y a un peu de vent. Et je ne sais pas trop si le temps change vite ici ou pas.

Nous nous dirigeons ensuite vers les petites carrioles. Patricia nous explique comment les conduire et les règles à suivre une fois que les chiens y sont attachés : comment les faire partir et comment les arrêter.

Il ne reste plus qu’à équiper les chiens avec les harnais et à les amener vers les carrioles. Patricia nous montre comment faire et nous invite à l’aider si on le souhaite. Je m’y colle même si je ne suis, à priori, pas à l’aise avec les chiens. Et ceux-ci sont particulièrement forts et dynamiques : pas facile de les canaliser !
Je me mets à l’œuvre. Je ramasse un harnais et je vais chercher un chien. Je l’enjambe pour le maintenir fermement et lui enfiler le harnais… La bête est fougueuse et je sens bien que je vais avoir du mal à la canaliser si jamais elle décide de se rebeller. Rester ferme et autoritaire.
Heureusement la bête connait la manipulation par cœur et coopère. Elle sait bien que cela signifie qu’elle va aller courrier… Je passe la tête, les pâtes avant dans chaque sangle et je vais l’accrocher à un filin, au milieu de l’enclos. J’équipe un autre chien. Finalement, cela se passe bien. Je tombe quand même sur un qui est un peu plus hargneux, qui laisse échapper quelques grognements et essaie d’intimider les autres chiens.

Tous les chiens sont prêts. Il ne reste plus qu’à les amener à leur carriole, pour constituer les attelages. Mais avant, Patricia nous explique comment réagir en cas de bagarre entre chiens. Taper dans les mains, frapper les gamelles, dire « Non » fermement. Bref, faire du bruit et garder le dessus.
Nous revenons dans l’enclos et amenons les chiens un par un. Ils sont souvent debout sur leurs pattes arrière et tirent vers l’avant en donnant des à-coup, comme des fous ! A chaque fois, je fais mon possible pour les tenir fermement et je les attache au filin d’une carriole. Il faut une sacrée poigne ! Nous commençons par les chiens de devant, les deux leaders. Une personne reste pour les tenir et éviter qu’ils ne partent en courant ! Après quelques allers-retours et les chiens sont prêts.

Je monte dans la carriole. Je fais équipe avec Patricia et c’est elle qui commence à conduire l’attelage. 
C’est parti ! Dès que nous leur donnons le signe du départ, les chiens filent à toute allure. Assise dans mon fauteuil, je prends des photos et filme un peu.

Nous suivons d’abord la route mais celle-ci s’arrête vite : ici, le réseau routier n’est pas très étendu et ne va guère au-delà des villes… Nous passons rapidement à une route en terre, puis bifurquons sur un sentier en direction de collines.

Les chiens galopent, ils ont l’air heureux comme tout. Nous nous arrêtons régulièrement pour les faire boire. Il faut être vigilant et les obliger à s’arrêter car il fait très chaud pour eux : 12°C alors que pour eux, la température idéale est de -10 à -20°C…

Au premier arrêt, nous inversons les rôles. Patricia prend place dans la carriole et je prends les rênes. 

Me voici aux manettes. Je fais signe aux chiens de partir. Finalement, ce n’est pas si dur. Il faut juste être ferme sur les freins pour les arrêter… et même à l’arrêt, les maintenir serrés pour que la troupe reste bien en place et ne reparte pas sans prévenir. Car si la plupart de mes chiens restent sages et me regardent, à l’affut du signe qui donnera le top départ…

… parmi eux, un chien est particulièrement impatient et excité : dès que nous nous arrêtons, il prend de l’élan et se jette vers l’avant. Une petite teigne dans ma meute qui n’hésite pas à aboyer en plus pour montrer son impatience.

Nous repartons et je reste aux commandes jusqu’au bout.  Autour de nous, les paysages sont vraiment superbes.

Un peu plus loin sur la route, un groupe d’oies bernaches traverse tranquillement. Nous nous arrêtons pour les laisser passer. Il y en a des dizaines et des dizaines, c’est impressionnant !

Nous sommes de retour au chenil. Les chiens rentrent dans l’enclos, c’est le moment de les féliciter les uns après les autres. Puis nous leur retirons les harnais et nous les amenons chacun dans leur box.
Patricia nous propose ensuite d’aller voir les bébés qui sont dans un box à part. Cinq adorables petites boules de poils ! Déjà, on voit les caractères se dessiner… Ainsi, l’un des petits s’attaque direct à la sangle de mon appareil photo puis au bas de mon pantalon avant de s’en prendre à mon gilet fluo ! Petite teigne en puissance, il ne me lâchera pas pendant toute la visite !

Mais comment ne pas craquer devant cette bouille…

Nous achevons ce moment passé ensemble en allant boire un verre et en mangeant quelques gâteaux. Puis Patricia nous raccompagne en ville. Au passage, nous faisons un arrêt à la sortie de la ville, près du fameux panneau pour prendre quelques photos.

J’enchaine avec une visite au musée du Svalbard. Un petit musée qui permet d’apprendre l’essentiel sur l’archipel. A l’entrée, il faut se déchausser. Des crocs sont à notre disposition pour ne pas déambuler en chaussette sur le parquet. Mais c’est tout de même surprenant !

En sortant, je visite quelques boutiques avant de rentrer à l’appartement. Je checke ce que je peux faire demain… Impossible de sortir de la ville seule donc je booke un trek sur le glacier qui surplombe la ville.

La journée se termine et c’est toujours aussi bizarre d’aller se coucher alors que le soleil brille.

Photo de la journée

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